Cayeux / Le Nytaar – 1915
1908 : Construit sous le nom d’IDA CUNEO par A. Vuijk & Zonen, à Capelle ann den IJssel (Pays-Bas), pour A/S Ida Cuneo (Alf Monsen), à Tønsberg. Affrété par Cuneo Importing Co., à New York (États-Unis). Affrété ensuite par United Fruit Co.
1915 Libéré de l’affrètement par UFC.
Vendu en septembre à D/S Nytaar A/S (Georg T. Monsen), à Stavanger. Rebaptisé NYTAAR .
1917 Une voie d’eau se déclare et le navire coule à l’embouchure de la Somme (France), lors d’un voyage de Göteborg (Suède) à Rouen (France) avec de l’acier et du bois. Le navire faisait partie d’un convoi reliant Boulogne-Le Havre (France). Neuf hommes périssent.
D’après le rapport maritime :
le D/S « Nytaar » (MDSV) de Stavanger a coulé le 25 octobre, lors d’un voyage entre Göteborg et Rouen, à l’embouchure de la Somme. Le capitaine et huit hommes d’équipage ont péri dans l’accident.
Déclaration maritime au Havre le 9 novembre :
Le rapport indique que le navire avait quitté Göteborg le 10 octobre avec une cargaison de bois, d’acier et de pâte à papier à destination de Rouen.
Il est arrivé à Boulogne le 23 pour attendre un convoi à destination du Havre. Le lendemain, à 8 h 30, il a repris la mer en suivant le convoi. Le vent était alors frais et de secteur nord. Dans la soirée, le vent a tourné à l’ouest-nord-ouest, se renforçant jusqu’à devenir une tempête et la mer était forte. L’équipage était toujours aussi courageux.
À 13 h le 25, le cap de la Hève se trouvait au sud-ouest Le vent s’est intensifié en tempête, accompagné de rafales violentes et d’une mer déchaînée. Le navire n’avançait plus et les vagues déferlaient constamment sur l’avant, brisant la fondation du tube bâbord et faisant tomber la charge du pont. Lorsque le vent a tourné au nord-ouest, le conseil de bord a décidé d’attendre un port d’urgence, car il était devenu impossible de remonter au vent. À 2 h, Dieppe est passé au large, cap au nord-ouest. Les bouchons des conduites d’air des ballasts n° 1 et 2 étaient cassés. Les pompes de cale fonctionnaient en continu. À 5 h 30, le navire s’est couché au vent. Une partie de la cargaison sur le pont avant a été emportée par-dessus bord. On a également constaté que les bâches de l’écoutille n° 1 étaient déchirées à plusieurs endroits. Face à la route qui s’avançait et à la mer turbulente, il était impossible d’agir. Le navire s’enfonçait inexorablement. Le capitaine donna l’ordre de rejoindre les canots de sauvetage, mais la mise à l’eau fut difficile.
Certains membres d’équipage qui se trouvaient sur le pont furent emportés par-dessus bord et nageèrent jusqu’aux canots. À 5 h 45, le navire coula. Le second et six hommes se sauvèrent dans le canot de sauvetage de bâbord, et un homme dans le canot de sauvetage tribord, tandis que le capitaine et huit hommes, à bord du canot tribord, périrent. La cause de l’accident est imputable à une violente tempête et à une mer agitée.
Etude de l’épave par Jean-Francois JEU publié dans le tome 1 de “plongées en côte d’opale”
Extrait en provenance de la bibliothèque numérique de l’association “Mémoire d’Opale” : ICI