Matériel / Ancrage et remontée d’ancre
Pour tout plongeur propriétaire de bateau, l’ancrage sur site est une question primordiale. C’est même une question de sécurité essentielle dès que vous plongez seul ou sans sécu surface.
Après avoir testé pas mal de solutions, j’en suis arrivé à avoir 2 types de lignes de mouillage. Une pour le nord et une pour le sud.
Pour le nord avec le fort courant que l’on rencontre, j’utilise une ancre inox de 6kg avec 13m de chaine de 6mm en inox et 60m de bout en 8mm. Les presque 17 kilos limitent la dérive de l’ancre si jamais l’épave est ratée. Le bout en 8mm reste souple et ne prend pas trop de place dans la baille à mouillage. L’inox reste brillant et fait des éclats une fois éclairé, pratique en cas de visibilité moindre. Dès la descente, je place un flasheur sur les premiers maillons de la chaine ce qui me permet de visualiser de loin l’ancrage. J’assure toujours l’ancre sur l’épave soit en coinçant l’ancre, soit avec la chaine et une dégaine d’escalade. J’ai toujours un parachute de relevage APdiving de 20L que j’attache sur l’ancre, ce parachute a une bouteille intégrée ce qui évite de se compliquer la täche pour le gonfler et élimine aussi les possibilités de givrage en hiver.
Une fois la plongée terminée, j’ai 2 méthodes pour remonter :
La première que j’applique sur les petites épaves, avec peu de décalage entre le haut de l’épave et le fond. Si l’ancre est sur l’épave, je la repositionne sur le fond et j’ouvre très légèrement la bouteille du parachute sans la refermer. Celuinci va se gonfler lentement, pendant que l’on remonte tranquillement sur le bout. Généralement nous arrivons plus ou moins en même temps à la surface. Le fait de remonter avec le bateau en dérive vu que l’ancre n’est plus au fond, rend la remontée sur le bateau très confortable comme si il n’y avait pas de courant.
La seconde vient d’un retour d’expérience, et c’est ce que je fais maintenant dès que je suis sur une épave conséquente où l’ancre est sur la structure à plus de 5m du fond. Remettre l’ancre au fond en fin de plongée serait une erreur et dangereux. De ce fait, j’attache mon dévidoir (un Apeks life ascend de 60m) sur l’ancre et je gonfle le parachute qui est toujours sur l’ancre. Cette méthode permet de garantir que l’ancre quitte bien l’épave sans se prendre dans la structure et évite une situation stressante en fin de plongée. Il suffit ensuite de remonter tranquillement comme si vous étiez sous un parachute classique.
Dans le sud, ayant beaucoup moins de courant et jetant plus souvent l’ancre sur des petits fonds, j’utilise une ancre classique en galva de 4kg avec 6m de chaine, ce qui est bien plus facile à manipuler.
Depuis cet été 2025, ayant beaucoup plongé sur de grandes épaves, avec des cales ou des trous profonds, je suis en train d’adapter ma technique. Par 2 fois, mon ancre a réussi a se faufiler dans un petit trou encombré de cordes ou de câbles, s’enfonçant de presque 10m dans la structure de l’épave. Ressortir l’ancre fut très compliqué, celle-ci s’accrochant dans les câbles au fur et à mesure. C’est pourquoi maintenant, lorsque je ne connais pas l’épave ou si je sais qu’elle est dans une configuration proche du gruyère, utiliser un lest à liborter ( tube en inox de 5 kilos servant à la pêche à la traine au cap Griz Nez dans les années 80, récupéré en pèche sous marine) et juste 6m de chaine afin de pouvoir récupérer le mouillage sans qu’il ne se prenne dans les câbles. A tester donc cet été !

